• Le 10 février 2014 est passé de peu..., il y a un an et quelques jours nous partions pour St Pétersbourg ! L’occasion pour nous de faire un petit retour « à froid » maintenant que nous sommes revenus en France depuis 5 mois..

    Les petites choses de la vie en voyage qui nous manquent le plus:

    • Faire peur aux poules à vélo en arrivant dans un village : c’est vraiment stupide comme activité mais ceux qui n’ont pas essayé ne peuvent pas comprendre…
    • Ecouter Ariane jouer de son guitalélé en écrivant mon carnet le soir après la journée : heureusement elle s’est remis à la guitare en rentrant, j’ai toujours droit à mes concerts live privés !
    • Discuter le soir autour du réchaud à bois : « bon on va se coucher là ? – Ah non on finit le stock de bois avant  – Mais tu viens d’en remettre ? – Oui je sais j’aime bien le feu et j’ai pas envie d’aller me coucher »
    • La nourriture ambulante dans la rue : « à ton avis c’est quoi le truc bleu croustillant dans le beignet ? – ‘sais pas… hmpffmp… mais ch’est pas mauvais du tout »
    • La vie au grand air en général : « tu préfères qu’on se baigne avant ou après l’apéro… ou les 2 peut être ? »
    • Scruter partout les caractères indiquant la présence d'un hotel, d'un restaurant, comme un véritable jeu de piste
    • Dire "ce que j'ai mal aux fesses" mais avoir la sensation d'être bien dans mon corps après une bonne journée de vélo
    • Les sourires des gens croisés en route
    • Les bruits de la nature qui étaient mon quotidien
    • Ecrire mon carnet de bord pour y raconter toutes nos "aventures" quotidiennes
    • Aller au marché faire le plein de bonne nourriture pour notre repas du soir
    • Et SURTOUT, être tout le temps avec Pol, pouvoir discuter en temps réel de ce qu'on vit, partager nos sentiments de liberté...

    Ça se sont des petites choses qu’il faut savourer  quand on les a, car parfois la routine en voyage nous fait oublier que c’est un luxe d’avoir une plage de sable blanc ou une montagne juste pour soi … Mais encore ?
     
    Cependant, la plupart de ces choses nous avons la chance de pouvoir les revivre, tout simplement en partant en vacances. En revanche, il  y 2 choses qui nous manquent et qui elles sont indéniablement partie prenante d’un voyage : le temps devant soi et le plaisir de l’inconnu.
    Avoir l’un ou l’autre ne nous procure pas grande satisfaction : trop peu de temps et il est difficile de lâcher prise pour se laisser porter, ou alors trop de planification et cela se finit (pour nous) par ressembler à un grand voyage organisé… Mais les 2 ensemble ?

    Tu te lèves le matin, et tu ne sais pas ce qu’il va t’arriver pendant la journée. Vas-tu faire des rencontres ? Où va tu manger ? Et même , vas-tu trouver à manger… ? Disette ou festin ? Et le soir, où dormir ? Camping, petit hôtel ? Sur la carte (au 2 000 000ème, sinon c’est pas drôle), il n’y a rien.  Et quand tu es là, au milieu d’une nature grandiose, pour rien au monde tu ne voudrais échanger ta place avec quelqu’un d’autre. Parce que chaque jour est vécu à 100% ; que ce soit dans la joie ou la détresse. Et que ça n’a pas de prix (je précise quand même qu’il y a des jours où ce n’est pas drôle et que tu as bien envie de rester affalé dans le canap’ de la maison!). Chaque journée offre son lot de petits bonheurs et de surprises.

    Concernant le retour en lui-même - la plupart des gens nous demande si ce n'est pas trop dur de revenir -  c'est encore autre chose. Au début, il y avait bien sûr "le choc" de revenir en France avec l'opulence de notre société de consommation (voir cet article). Mais paradoxalement, ça a été le moment le plus facile. Parce qu'on savait que c'est le "blues du voyageur", que ça allait passer, parce qu'on revoit des gens que l'on a pas vu depuis longtemps, etc...


    Par contre depuis quelque mois on se traîne un vrai spleen, et là ce n'est vraiment pas simple. Dit comme ça, ça fait très bobo (je le concède, "oh les pauvres bou't'chou, trop dur de voyager!), mais ça n'en est pas moins réel. Avant de partir il y avait déjà pas mal de choses sous jacentes en nous; tout ça a mûri pendant le voyage et maintenant que l'on est revenu ça germe sec!
    Pour résumer, ce qui occupe nos esprits, ce sont pas mal de questions en vrac sur ce que l'on souhaite donner comme orientation à notre vie... Pourquoi? Nous n'avons pas de réponse précise. Mais changer d'environnement complet est une formidable occasion de se libérer l'esprit. Parce que l'on n'entend plus 100X par jour "vivons mieux, vivons moins cher", parce qu'il y a encore des lieux vierges de panneaux 4x3 vantant les mérites du dernier 4x4 pseudo écolo; nous pouvons redécouvrir un monde intérieur qui n'appartient qu'à nous, sans pollution extérieure. Réfléchissez à quand ça remonte à la dernière fois pour vous? Plusieurs semaines sans pub? Probablement un bout de temps...

    Bon ça n'est pas très grave en soi, on ne prend pas d'anti dépresseurs non plus...  Mais disons que c'est dans nos préoccupations du moment et que cela occupe bon nombres de nos discussions!  

    On vit cependant cette période comme une vraie chance, parce que nous savons que c'est une forme de luxe de pouvoir se poser ce genre de question. Se retirer du d'un monde pendant 7 mois, prendre le temps de souffler, sortir la tête hors de l'eau et  sentir, réfléchir, et vivre ce que l'on a envie de vivre... Je crois que ces derniers mots résument bien notre pensée du moment... comment faire dans notre société pour "vivre ce que l'on a envie de vivre" sans se sentir prisonnier de tout le reste?
    Ce voyage sera sûrement un gros aiguillage dans notre vie (quand on se retournera dans quelques dizaines d'années), et ça c'est quand même génial!


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