• Garder l'rythme, garder l'rythme!!!

    Allez, un encore un petit conseil si vous voyagez en couple ou à plusieurs et que vous débutez dans le voyage à vélo.

    L’idée de ce billet m’est venue en voyage suite à un mail échangé avec un ami où il me demandait sur le ton de la plaisanterie « alors, c’est qui le plus fort ?». J’ai répondu sur le même ton « moi évidemment ! », et cela m’a bien fait rire car j’ai tout de suite pensé à Mario Ramos et son livre de jeunesse « C’est moi le plus fort » que j’avais beaucoup aimé (oui, je lis les mêmes livres que les élèves de ma femme !).

    Garder l'rythme, garder l'rythme!!!

    Bref, je n’ai pas trop de gloire à tirer de cet état de fait, vu qu’un homme moyen est physiquement plus résistant qu’une femme moyenne. De cet état de fait découle cependant 2 ou 3 choses que nous voulions vous partager.

    Une spécificité, selon moi commune aux voyages non motorisés, c’est d’apprendre à gérer son rythme – et celui des autres. On a beau partager les mêmes rêves, les mêmes envies, la même démarche; nous ne sommes pas physiquement identiques ce qui implique une gestion de l’effort fondamentalement différente. Ces différences de rythmes peuvent être une source de conflit si elles ne sont pas connues et acceptées de tous : « tu ne m’attends jamais dans les montées / descentes », « tu vas trop vite », « tu t’arrêtes trop souvent », etc… Il y a suffisamment de sources de conflit dans un voyage, pas la peine d’en rajouter pour rien.

    Nous avons tous une manière différente de gérer notre effort. Certains font des petites pauses très souvent (comme Ariane, toutes les heures), d’autres préfèrent des bonnes pauses espacées dans le temps (comme moi). A forme égale, mon rythme de croisière dans les cols est légèrement supérieur (< 1km/h je pense) à celui d’Ariane. En s’arrêtant souvent, Ariane a le sentiment de repartir « à zéro » avec une nouvelle énergie. Moi, au contraire, ça me coupe les jambes et j’ai du mal à repartir (surtout quand c’est dur).

    Vouloir aller exactement au même rythme est pour moi une fausse bonne idée. Si l’on a des rythmes différents, c’est parce que l’on est différent et il n’y a pas à changer cet état de fait. Pire, je trouve cela contre-productif. A vouloir suivre l’autre à tout prix, on se fatigue dans un faux rythme qui n’est pas le nôtre. La route est déjà assez dure comme ça, inutile de rajouter des pierres dans ses sacoches !

    Par contre, il faut l'exprimer et en discuter ensemble. On peut s’adapter et composer avec les différences de chacun.
    Déjà, il est sain de ne pas stigmatiser un comportement en particulier. C’est vrai que des fois j’en avait vraiment marre qu’Ariane s’arrête tous les 3 virages de cols, mais en même temps, je n’allais pas la tracter avec un tendeur à mon porte bagage donc autant le prendre avec philosophie. De l’autre côté, Ariane faisait l’effort de grouper les tâches par arrêt : pause technique + barre de céréale + pause boisson.
    Le point le plus important est selon nous de savoir se prendre – et laisser  à l’autre – sa liberté. Dans les cols, je monte à mon rythme et Ariane décroche progressivement de ma roue. Je l’attends quand j’estime avoir atteint la distance maximum de sécurité entre nous deux (je ne lui mets pas 2km dans la vue en l’attendant au sommet). Ça varie en fonction du terrain (les cols avec des lacets sont pratiques par exemple), du climat, et de l’humeur. De son côté, Ariane sait que je ne suis pas bien loin devant et qu’en cas de problème je peux revenir vers elle en 20 secondes (et inversement si c'est moi qui me traïne derrière).
    Parfois nous roulons côte à côte, parfois l’un derrière l’autre, parfois avec 50 mètres d’écart. Des jours nous discutons beaucoup, des jours beaucoup moins. Et on ne le prend pas mal, on sait que l’autre est d’humeur songeuse et qu’il profite de sa petite bulle juste à lui. C’est aussi ça le plaisir d’être à vélo !

    Bref, ce qui est vraiment important c’est d'en discuter pour que chacun comprenne comment l’autre fonctionne. Et surtout, le ou les plus forts doivent vraiment faire preuve de patience envers le ou les plus faibles. Ce/ces dernier(s) doivent, en retour, laisser les plus forts se défouler de temps en temps, ça fait du bien !


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