• Avant notre depart pour Saint Petersbourg, il y a maintenant 5 mois, nous nous étions fixés la ligne directrice suivante: le programme, c'est pas de programme. Nous voulions être libre de nos mouvements, de notre planning et de nos activités. La seule dérogation à cette règle a été de prendre un billet tour du monde pour rejoindre la Nouvelle Zélande puis rentrer en France. Un prix réduit, des dates souples pour le départ des vols; l'affaire semblait bonne et nous avons transgressé notre règle pour pouvoir nous rendre au bout du monde, apres notre tronçon terrestre St Petersbourg-Singapour.

    Avec le recul, nous trouvons que nous avons plutôt bien mené notre barque, et ce même dès les premiers jours de voyage. Nous avons acheté nos billets de transsibérien nous mêmes et toujours au dernier moment, selon l'humeur du jour et nos recherches Internet sur les villes à visiter. Nous sommes arrivés en Mongolie avec aucune information sur le pays et nous avons reussi à sortir du tourisme de masse malgré un temps rigoureux. Idem pour la Chine, notre première ébauche d'itinéraire ayant été fournie par un photographe rencontré en Mongolie - et qui fut mainte et mainte fois remanié. 

    Et pourquoi ça? Et bien parce que cela fait du bien de se sentir libre comme le vent, de changer de plan tous les jours juste pour le plaisir de changer! Le temps n'étant pas vraiment un problème, pourquoi ne pas se faire plaisir? Une fois que l'on prend goût à cette exquise sensation, il est difficile de planifier quoi que ce soit car alors les choses deviennent vite ennuyeuses. Où allez vous nous demandaient souvent les autres voyageurs? Heu... en gros vers le Sud, on a un avion à Singapour dans x mois mais d'ici là c'est plutot flou! Répondre un truc pareil, nous on trouve que c'est le vrai luxe du voyage!

    Tout ca c'était drôlement bien mais nous nous trouvions encore trop prisonniers de nos guides touristiques, des liaisons proposées entre les villes. Regarder une carte d'un pays avec ses lieux touristiques est un peu étrange: comme s'il n'y avait rien à voir d'autre! Vous connaissez la suite, nous avons acheté des vélos, et cela n'a fait qu'"empirer" la situation. Avec un vélo vous prenez la route de votre choix, vous dormez où vous voulez, faites une pause quand vous voulez; bref, on vous en raconte assez dans nos articles je pense!

    Donc voila Ariane et Pol partis à la chasse au papillon sur les routes de Chine et d'Asie du Sud Est, qui roulent, mais qui papillonnent beaucoup aussi! Que de pauses, de rencontres, et de "ah bah tiens si on prenait à gauche ça a l'air joli non?" Vivre ca, a ete (et est toujours), quelque chose de formidable pour nous.

    Sauf que notre billet d'avion nous attendait toujours à Singapour, et que rejoindre cette ville dans le temps imparti nous posait un gros problème: soit il fallait courir et faire de grosses étapes sans prendre le temps de visiter, soit il fallait courir en prenant des bus et des trains pour s'avancer. Une autre possibilite était de modifier notre itinéraire initial en contactant notre agence de voyage pour obtenir un rerouting et partir en nouvelle Zélande depuis Bangkok au lieu de Singapour. Dans la pub de l'agence, c'est tout a fait possible; dans la réalité beaucoup moins et le rerouting fut refusé. L'agence nous a suggéré de prendre un vol low cost Bangkok Singapour car ils ne pouvaient rien pour nous. Nous avons rapidement écarté les 2 premières solutions car elles allaient dans la direction opposée de ce que nous sommes en train de vivre: à savoir prendre le temps.

    Restait l'option du vol low cost Bangkok Singapour. Outre la logistique (et les frais) plus importants (notamment démonter les vélos pour les mettre en soute dans un carton spécial), un petit quelque chose nous tracassait dans ce qui semblait la seule option pour finir notre voyage par une Nouvelle Zélande tant désirée. Nous avons donc laissé decanter tout cela avant de nous jeter sur le 1er vol air asia disponible... Déjà, nous n'avions que 3 semaines possibles en Nouvelle Zélande, et au regard de notre rythme actuel, il nous a semblé que c'etait bien peu pour visiter ce pays correctement. L'autre chose qui nous titillait restait insaisissable, jusqu'a ce que je commence un livre tiré au hasard parmi tous ceux disponibles dans ma liseuse: Vagabonding: An Uncommon Guide to the Art of Long-Term World Travel de Rolf Potts. Le hasard fait bien les choses, je l'ai commencé pile au bon moment! L'auteur y décrit ce qu'est le vagabondage, son fonctionnement et ses implications - et tout ca est bien loin de l'image que je me faisais d'un vagabond, un type somme toute un peu sdf sur les bords. A notre grande surprise, nous y avons lu que nous étions des vagabonds nous aussi! Ce livre nous a aidé a mettre des mots sur des sensations et des ressentis, et nous nous sommes reconnus dans beaucoup de situations - en bien ou en mal - que l'auteur décrivait. Prendre le temps, sentir, voir et non pas survoler, se perdre, profiter du moment sans penser à sa prochaine destination qui reste inconnue du vagabond. Dès lors, nous avons tres vite trouvé ce qui nous posait problème: la Nouvelle Zélande elle même, tout simplement... 

    Nous avons fait table rase de tout ce que nous avions en tête pour nous poser une seule question: que ferions nous avec un temps illimité devant nous? Prendrions nous un avion pour la Nouvelle Zélande? Bien sûr que non, nous aurions exploré à fond l'Asie du sud est avec le Vietnam, le Cambodge, la Thaïlande, la Malaisie, l'Indonésie, et ce jusqu'a mettre un pied en Océanie. C'est seulement à ce moment precis que nous aurions songé à partir pour la Nouvelle Zélande, pas avant. Quelle est donc la logique d'un vol Bangkok Auckland? Il n'y en a absolument pas, et c'est bien là le noeud du problème. Il n'y a que l'avion pour créer de telles distorsions de temps et de lieu!

    Nous avons aimé voyager par la terre depuis St petersbourg, voir les choses et les gens changer. Je me souviens d'un matin dans le transsibérien où après un arrêt de nuit toutes les personnes dans le train avaient un faciès mongol et non plus slave. Les ethnies chinoises ont des visages differents des hans, les laos ont le visage plus rond que les chinois et les thais ont des yeux peu bridés par rapport à leurs voisins du nord. La frontière Chine Laos est une prise de conscience visuelle que ces lignes tracées par les hommes ont des impacts très forts - ou comment passer du XXI ème siècle au Tiers monde en 200m... Tout ca nous avons pu le vivre grâce à notre fil d'Ariane ininterrompu depuis le départ, nous trouvons que c'est une chance et une grande richesse. Qui dit que la Chine ne fermera pas ses frontières terrestres comme l'Inde dans 10 ans? Prendre un avion pour la Nouvelle Zélande, c'était casser ce fil, c'était avoir trop peu de temps sur place, c'était des contraintes logistiques et financières, c'était - il nous a semblé - gâcher notre plaisir sur toute la ligne. Gâcher la fin de notre vagabondage en Asie et gâcher notre découverte de la Nouvelle Zélande pour avoir trop voulu en faire en quelque sorte...

    Après avoir pris conscience de tout cela, la solution s'est imposée d'elle-même: nous avons annulé tous nos vols pour ne garder qu'un vol de retour Singapour Paris (et non sans mal a cause de notre billet tdm très contraignant au final). 

    Nous aurons donc la possibilité de finir ce que nous avons commencé, et de tirer notre fil à vélo jusque Singapour. Nous pourrons dire que nous avons traversé une bonne partie de l'Asie du Sud Est à vélo et finir ce voyage sans regrets. Quid de la Nouvelle Zélande? Autant avant le voyage, nous nous disions que c'etait l'unique occasion de s' y rendre; autant aujourd'hui, nous nous l'imaginons deja comme un futur projet de voyage. Théoriquement, elle ne doit pas disparaître dans les prochaines années, nous essaierons donc d'y retourner en faisant les choses bien et en prenant le temps. Nous gardons donc pour le moment ce rêve intact sans prendre le risque de le "souiller" par gourmandise. 

    Pas de regrets, juste la satisfaction d'avoir pu corriger à temps l'erreur de prendre un billet tour du monde. Satisfaits aussi d'avoir réussi à vivre ce que nous voulions vivre, sans se faire rattrapper par la logique commerciale des compagnies aériennes. 

    Pour finir, il nous a donc paru nécessaire de renommer en partie ce blog qui ne raconte pas "un demi tour du monde de 7 mois" mais une autre histoire. Bienvenue sur "de St Petersbourg à Singapour, 7 mois de vagabondage à pieds et à vélo"!


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  • A moi de vous partager ce que ca a change pour moi, ce que j'aime, ce qui est pesant!

    Deja 3 mois... premiere chose, en voyage, le temps passe vraiment trop vite!!! C'est fou de se dire qu'on est deja a mi-voyage alors que j'ai l'impression que ca fait moins...

    C'est super de voyager a deux, avec Pol et de partager les moments durs et les superbes moments ensemble; notre amour n'en est que plus fort. Et c'est d'autant plus vrai depuis que l'on voyage a velo.

    3 mois apres le depart, je suis plus que jamais assoifee de decouvertes, de paysages qui changent au fil des kilometres parcourus, de rencontres, de decouvertes culinaires,... toutes les decouvertes m'enrichissent et je m'en sens grandie. Cela m'amene aussi a beaucoup reflechir sur ma vie, sur la France, sur le Monde... je me prends a rever a un monde meilleur en prenant un peu de partout... malheureusement, ca ne fonctionne pas vraiment comme ca! Mais je pense que mon systeme interieur de valeurs se modifie petit a petit, le tout evoluant en fonction des situations rencontrees; ca va faire bizarre au retour! Deja rien qu'a regarder vite fait les faits d'actualites...
    Il faut dire aussi que ma capacite a me debrouiller ayant ete grandement augmentee (ben oui, ca c'est un gros point fort du voyage par soi-meme), partir a l'aventure ne me fait plus peur; je sais que je m'en sortirais quoi qu'il en soit! De quoi gagner de la confiance en soi!!

    Je pense aussi avoir trouve le mode de voyage qui me convient le plus, qui m'offre la liberte de decisions (dans la limite du possible) que j'aime, qui allie effort physique et decouvertes; a savoir le voyage a velo. RV dans 3 mois pour savoir si c'est toujours le cas!

    Et puis, tout compte fait, ce ne sont pas les biens materiels qui me manquent... je ne pense pas a mon appart, mon lit, ma douche, mes toilettes et mes affaires,.... mon chez moi c'est ma chambre d'hotel ou ma tente... ou meme mon velo car j'y ai tout dessus.
    Avoir peu de vetements aussi ne me pese pas beaucoup. Bon, parfois, j'aimerai bien avoir une jolie tenue pour me transformer en "fille", me maquiller un coup.... mais je me contente de faire ma petite lessive quotidienne et de sortir tous les jours avec les memes habits! Bon, a velo, de toute facon, pas le choix! Et je suis bien contente de voyager "leger"; je trouve deja qu'il y a trop de poids dans mes sacoches!

    Ce qui me manque regulierement ce sont la famille, les amis, les collegues... c'est ca le plus dur pour moi, a ce jour. Heureusement, il y a les mails et parfois le telephone; mais ca ne remplace pas les liens directs.

    Pour finir, j'adore changer de lieu chaque jour ou presque, j'aime le voyage a deux, l'aventure, les rencontres humaines incroyables que l'on peut faire et j'ai du mal a me dire au'il ne reste plus que 3 mois.... je veux avoir plus!!!!!


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  • Bon, par souci d'economie de savon, car deja deux savons c'est pas mal; je me suis dit que j'allais tester le shampoing au savon d'Alep. J'avais lu des commentaires pas mal dessus avant de partir!

    Alors me voila me lavant les cheveux au savon... mes cheveux etaient propres et plus beaux... mais extremement gras... tellement gras qu'ils gardaient la forme de la queue de cheval, qu'ils ramassaient les peluches des draps... et franchement.. assez penible! Surtout d'avoir tout le temps l'impression d'avoir les cheveux sales!

    J'avais aussi lu qu'il fallait quelques shampoings pour que le systeme se regule et ne secrete plus trop de sebum... j'ai tenu bon.... mais au bout d'un mois, j'ai craque.... quel bonheur de retrouver des cheveux "normaux"!!!

    Alors si jamais vous avez des trucs, je les prends volontiers... car m'acheter une enorme bouteille de shampoing ca m'enbete!!! Mais sinon, je vous conseille de prendre un petit flacon avant de partir; ca vous evitera, comme moi, de regarder tous els shampoings et de ne pas savoir lequel choisir car tout est en cyrillique...

     


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  • Deja 3 semaines que nous sommes partis et deja la notion du temps n'est plus la meme pour nous. Il n'y a plus le boulot la semaine et le repos le week-end comme en France,qui rythment la vie;  tous les jours sont decouvertes, repos, aventures... et le temps n'est plus vecu de la meme maniere!

    Bien sur nous trouvons toujours que les journees ne sont pas assez longues et nous avons souvent l'impression de courir afin de pouvoir voir ou vivre le maximum!

    Mais nous n'avons plus trop la notion des jours... Pol me demande regulierement quel jour nous sommes, bien que cela nous importe peu... je l'ai un peu plus car souvent c'est moi qui reserve les billets de train ou les auberges alors je vois les jours ecrits! Mais finalement, peu importe.... nous avons tous les jours de disponibles!

    Le temps passe, chaque journee est marquee par la nuit qui arrive et un nouveau jour vient... et cela se poursuit sans cesse!

    Notre seule contrainte de temps, la duree des visas. Nous avons donc a chaque fois 1 mois devant nous; ce qui est pas mal!

    Que c'est chouette d'avoir le temps, de prendre le temps!


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  • Coucou,

    suite a tous vos commemtaires sur mon trait de crayon... je tiens a vous dire qu'au bout de 12 jours de voyage, je suis passee a bien autre chose!

    Etant plus reposee, mon visage me plait comme ca et finalement ben le maquillage ne me manque plus trop! Bon apres les russes sont tout le temps hyper appretees, beaucoup maquillees et a se remettre souvent du rouge a levres; alors j'avoue que pour sortir un soir, ca ne me deplairait pas!

    Ma douche, mes toilettes, ma machine a laver ne me manquent toujours pas! Comme quoi!

    Mon lit peut-etre un peu car entre les couchettes du train bien dures et les oreilles trop epais... et les literies peu cheres venant direct de chez ikea... le dos n'aime pas trop mais je m'ecroule toujours aussi bien!

    Ravie aussi d'avoir pris mon guitalele meme si parfois en ville, c'est un peu encombrant et voyant!

    Pour mes "trouilles", aux oubliettes, ouf! je me sens bien en tant que voyageuse avec ma maison sur le dos! J'avoue que la pochette secrete sous le pantalon me saoule souvent (tres pratique a chaque fois qux toilettes!) et qu'elle a ete a l'origine de mes angoisses... il faut s'y faire... je m'y suis faite!

    Voila, voila!


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  • Qu'est ce qui est le plus dur pour moi en ce début de voyage?? 

    Je pensais, avant de partir, que ce serait de ne pas avoir ma douche, de ne pas pouvoir m'asseoir sur "mes" toilettes, de ne pas pouvoir laver trop souvent mes vêtements ou de devoir laver mes sous-vêtements a la main... je me trompais... comme quoi... on ne se connait jamais si bien que ça! 

    Aujourd'hui, une des choses qui "m'embête" (ce n'est pas horrible non plus hein, rassurez-vous!!) c'est de ne pas avoir mon trait de crayon sous les yeux... comme quoi on devient accroc! J'avoue que j'ai du mal a aimer ma frimousse. 

    Et puis le plus dur, c'est de devoir gérer mes trouilles, en France, a force, je les gérais a peu pres, ayant gagné en confiance en moi... mais la, dans un cadre inconnu, ou l'on sait qu'on connait mal la langue,... ben dur dur.... il va falloir que je progresse... un sacré challenge m'est lancé! Il va falloir le relever! Pas le choix de toute façon car pas envie de me gâcher le voyage pour ça! 


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